PERSANES.
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des ponts snr tontes les rivières, des routes secrètesdans toutes les montagnes, des magasins immensesdans les sables brûlants: il ne leur manque que lebon sens.
Il y a un homme avec qui je loge qui reçutcette lettre d’un nouvelliste: comme elle m’a parusingulière, je la gardai; la voici:
Monsieur,
„ Je me trompe rarement dans mes conjec-„ tures sur les affaires du temps. Le premier jan-„ vier 1711, je prédis que l’empereur Joseph„ mourroit dans le cours de l’année: il est vrai,, que, comme il se portoit fort bien, je crus que„ je me ferois moquer de moi, si je m’expliquois„ d’une manière bien claire; ce qui fit que je me„ servis de termes un peu énigmatiques: mais les„ gens qui savent raisonner -m’entendirent bien.„ Le 17 avril de la même année, il mourut de la,, petite-vérole.
„ Dès que la guerre fut déclarée entre l’em-,, pereur et les Turcs, .j’allai chercher nos mes-„ sieurs dans tous les coins des Tuileries; je les„ assemblai près du bassin, et leur prédis qu’on„ feroit le siège de Belgrade, et qu’il seroit pris.„ J’ai été assez heureux pour que ma prédiction,, ait été accomplie. Il est vrai que, vers le mi-„ lieu du siège, je pariai cent pistoles qu’il seroit„ pris le 18 août a ; il ne fut pris que le lende-„ main: peut-on perdre à si beau jeu!
a 1717.