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LETTRES
„ Lorsque je vis que la flotte d’Espagne dé-„ barquoit en Sardaigne, je jugeai quelle en f’eroit,, la conquête : je le dis , et cela se trouva vrai.„ Enflé de ce succès, j’ajoutai que cette flotte,, victorieuse iroit débarquer à Final pour faire la,, conquête du Milanès. Comme je trouvai de la,, résistance à faire recevoir cette idée, je voulus,, la Soutenir glorieusement: je pariai cinquante,, pistoles, et je les perdis encore; car ce diable„ d’Alberoni, malgré la foi des traités, envoya,, sa flotte en Sicile, et trompa tout-àla-fois deux,, grands politiques, le duc de Savoie et moi.
„ Tout cela, monsieur, me déroute si fort,,, que j’ai résolu de prédire toujours et de ne,, parier jamais. Autrefois nous ne commissions,, point aux Tuileries l’usage des paris, et leu M.,, le comte de L. ne les soulfroit guère: mais de-„ puis qu’une troupe de petits-maîtres s’est mêlée„ parmi nous, nous ne savons plus où nous en„ sommes. A peine ouvrons-nous la bouche pour„ dire une nouvelle, qu’un de ces jeunes gens„ propose de parier contre.
„ L’autre jour, comme j’ouvrois mon manuscrit,, et accommodois mes lunettes sur mon nez, un„ de ces fanfarons, saisissant justement l’intervalle,, du premier mot au second, me dit : Je parie,, cent pistoles que non. Je fis semblant de n’a-,, voir pas fait d’attention à cette extravagance; et,„ reprenant la parole d’une voix plus forte, je„ dis : M. le maréchal de *** ayant appris... Cela„ est faux, me dit-il: vous avez toujours des