PERSANES.
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auparavant ceux de se faire haïr. Nous sommessi malheureuses, que nous ne pouvons nous empê-cher de désirer un changement : d’autres, à maplace, souhaiteroient votre mort; je ne souhaiteque la mienne; et, ne pouvant espérer detre sé-parée de vous que par-là, il me sera encore biendoux d’en être séparée. Ce discours, qui auroitdû le toucher, le fit entrer dans une furieuse colère;il tira son poignard, et le lui plongea dans le sein.Mes chères compagnes, dit-elle d’une voix mou-rante , si le ciel a pitié de ma vertu, vous serezvengées. A ces mots, elle quitta cette vie infor-tunée pour aller dans le séjour des délices, où lesfemmes qui ont bien vécu jouissent d’un bonheurqui se renouvelle toujours.
D’abord elle vit une prairie riante, dont la ver-dure étoit relevée par les peintures des fleurs lesplus vives: un ruisseau, dont les eaux étoient pluspures que le cristal, y faisoit un nombre infinide détours. Elle entra ensuite dans des bocagescharmants, dont le silence n’étoit interrompu quepar le doux chant des oiseaux. De magnifiquesjardins se présentèrent ensuite; la nature les avoitornés avec sa simplicité et toute sa magnificence.Elle trouva enfin un palais superbe préparé pourelle, et rempli d’hommes célestes destinés à sesplaisirs.
Deux d’entre eux se présentèrent aussitôt pourla déshabiller; d’autres la mirent dans le bain, etla parfumèrent des plus délicieuses essences : onlui donna ensuite des habits infiniment plus riches
5. si