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que les siens; après quoi on la mena dans unegrande salle où elle trouva un feu fait avec desbois odoriférants, et une table couverte des metsles plus exquis. Tout sembloit concourir au ra-vis-ement de ses sens : elle entendoit, d’un côté,une musique d’autant plus divine qu’elle étoit plustendre; de l’autre, elle ne voyoit que des dansesde ces hommes divins , uniquement occupés àlui plaire. Cependant tant de plaisirs ne dévoientservir qu’à la conduire insensiblement à des plaisirsplus grands. On la mena dans sa chambre; et,après l’avoir encore une I fois déshabillée, on laporta dans un lit superbe, où deux hommes d’unebeauté charmante la reçurent dans leurs bras.C’est pour lors qu’elle fut enivrée, et que ses ra-vissements passèrent même ses désirs. Je suis toutehors de moi, leur disoit-elle: je croirois mourir,si je n'étois sûre de mon immortalité. C’en esttrop, laissez-moi; je succombe sous la violencedes plaisirs. Oui, vous rendez un peu le calmeà mes sens; je commence à respirer, et à revenirà moi-même. D’où vient que l’on a ôté les flam-beaux? Que ne puis-je à présent considérer votrebeauté divine ! que ne puis-je voir! . . . Mais pour-quoi voir? Vous me faites rentrer dans mes pre-miers transports. O dieux! que ces ténèbres sontaimables! Quoi! je serai immortelle, et immor-telle avec vous ! je serai... Non , je vous demandegrâce ; car je vois bien que vous êtes gens à n’endemander jamais.