DES ROMAINS, CH AP. I.
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biens, ses continuelles ressources, font bien voirque ce n’étoit pas un homme méprisable.
Les places que la postérité donne sont sujettes,comme les autres, aux caprices de la fortune.Malheur à la réputation de tout prince qui estopprimé par un parti qui devient le dominant,ou qui a tenté de détruire un préjugé qui luisurvit!
Rome, ayant chassé les rois .établit des consulsannuels ; c’est encore ce qui la porta à ce hautdegré de puissance. Les princes ont dans leur viedes périodes d’ambition ; après quoi d’autres pas-sions, et l’oisiveté même, succèdent : mais la répu-blique ayant des chefs qui changeoient tous les ans,et qui cherchoient à signaler leur magistraturepour en obtenir de nouvelles, il n’y avoit pas unmoment de perdu pour l’ambition; ils engageoientle sénat à proposer au peuple la guerre, et luimontroient tous les jours de nouveaux ennemis.
Ce corps y étoit déjà assez porté de lui-même;car, étant fatigué sans cesse par les plaintes et lesdemandes du peuple , il cherchoit à le distraire deses inquiétudes, et à l’occuper au dehors a .
Or la guerre étoit presque toujours agréable anpeuple, parce que, par la sage distribution dubutin, on avoit trouvé le moyen de la lui rendreutile.
* D’ailleurs l’autorité du sénat étoit moins bornée dans lesaffaires du dehors que dans celles de la ville.
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