GRANDEUR ET DÉCADENCE
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Rome étant une ville sans commerce et presquesans arts, le pillage étoit le seul moyen cpie lesparticuliers eussent pour s’enrichir.
On avoit donc mis de la discipline dans lamanière de piller , et on y observoit à peu près lemême ordre qui se pratique aujourd’hui chez lespetits Tartares.
Le butin étoit mis en commun a , et on le dis-tribuoit aux soldats: rien n’étoit perdu, parcequ’avant de partir chacun avoit juré qu’il ne dé-tourneroit rien à son profit. Or les Romains étoientle peuple du monde le plus religieux sur le ser-ment, qui fut toujours le nerf de leur disciplinemilitaire.
Enfin les citoyens qui restoient dans la villejouissoient aussi des fruits de la victoire. On cou-hsquoit une partie des terres du peuple vaincu,dont on faisoit deux parts : l’une se vendoit aitproût du public; l’autre étoit distribuée auxpauvres citoyens, sous la charge d’une rente enfaveur de la république.
Les consuls ne pouvant obtenir l’honneur dutriomphe que par une conquête ou une victoire,faisoient la guerre avec une impétuosité extrême:on alloit droit à l’ennemi, et la force décidoitd’abord.
Rome étoit donc dans une guerre éternelle ettoujours violente : or une nation toujours en guer-re , et par principe de gouvernement, devoit né-cessairement périr, ou venir à bout de toutes les
a Voyez Polybe, liv. X, ch. XVI.