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Tome sixième.
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POLITIQUE DES ROMAINS

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un prétexte de rompre les assemblées du peuple a .Au reste, il étoit indifférent que la victime quonimmoloit se trouvât de bon ou de mauvais au-gure: car, lorsquon nétoit pas content de la pre-mière, on en immoloit une seconde, une troi-sième , une quatrième , quon appeloit hostiacsuccedaneae. Paul Emile, voulant sacrifier, futobligé dimmoler vingt victimes: les dieux ne fu-rent appaisés quà la dernière, dans laquelle ontrouva des signes qui promettoient la victoire.Cest pour cela quon avoit coutume de dire que,dans les sacrifices, les dernières victimes valoienttoujours mieux que les premières. César ne futpas si patient que Paul Emile : ayant égorgé plu-sieurs victimes, dit Suétone b , sans en trouver defavorables, il quitta les autels avec mépris, etentra dans le sénat.

Comme les magistrats se trouvoient maîtresdes présages , ils avoient un moyen sûr pour dé-tourner le peuple dune guerre qui auroit étéfuneste, ou pour lui en faire entreprendre unequi auroit pu être utile. Les devins qui suivoienttoujours les armées, et qui étoient plutôt les in-terprètes du général que des dieux, inspiroientde la confiance aux soldats. Si par hasard quelquemauvais présage avoit épouvanté larmée , unhabile général en convertissoit le sens , et se le

a Hoc reipublicae causa constitutum ; comitiorum ctiim non habiit -iorum causas esse voluerunt. (De Divination?. )

b Pluribus hostiis caesis, cum litare non possct , introiit cm iam ,fpreta religions. (In Jul. Caes. cap. LXXXI. )