POLITIQUE DES ROMAINS
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un prétexte de rompre les assemblées du peuple a .Au reste, il étoit indifférent que la victime qu’onimmoloit se trouvât de bon ou de mauvais au-gure: car, lorsqu’on n’étoit pas content de la pre-mière, on en immoloit une seconde, une troi-sième , une quatrième , qu’on appeloit hostiacsuccedaneae. Paul Emile, voulant sacrifier, futobligé d’immoler vingt victimes: les dieux ne fu-rent appaisés qu’à la dernière, dans laquelle ontrouva des signes qui promettoient la victoire.C’est pour cela qu’on avoit coutume de dire que,dans les sacrifices, les dernières victimes valoienttoujours mieux que les premières. César ne futpas si patient que Paul Emile : ayant égorgé plu-sieurs victimes, dit Suétone b , sans en trouver defavorables, il quitta les autels avec mépris, etentra dans le sénat.
Comme les magistrats se trouvoient maîtresdes présages , ils avoient un moyen sûr pour dé-tourner le peuple d’une guerre qui auroit étéfuneste, ou pour lui en faire entreprendre unequi auroit pu être utile. Les devins qui suivoienttoujours les armées, et qui étoient plutôt les in-terprètes du général que des dieux, inspiroientde la confiance aux soldats. Si par hasard quelquemauvais présage avoit épouvanté l’armée , unhabile général en convertissoit le sens , et se le
a Hoc reipublicae causa constitutum ; comitiorum ctiim non habiit -iorum causas esse voluerunt. (De Divination?. )
b Pluribus hostiis caesis, cum litare non possct , introiit cm iam ,fpreta religions. (In Jul. Caes. cap. LXXXI. )