DIALOGUE
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des états, à faire des ligues, à punir un usurpateur:mais pour ces minces détails de gouvernement;où les gér.:es médiocres ont tant d'avantages, cettelente exécution des lois , cette discipline d'unemilice tranquille, mon ame ne sauroit s’en occuper.
Il est singulier, lui dis-je, que vous ayezporté tant de délicatesse dans l’ambition. Pionsavons bien vu de grands hommes peu touchésdu vain éclat et de la pompe qui entourent ceuxqui gouvernent : mais il y en a bien peu qui n’aientété sensibles au plaisir de gouverner, et de fairerendre à leurs fantaisies le respect qui n’est dûqu’aux lois.
Et moi, me dit-il, Eucrate, je n’ai jamais,été si peu content que lorsque ie me suis vu maîtreabsolu dans Rome; que j’ai regardé autour demoi, et que je n’ai trouvé ni rivaux ni ennemis.
J’ai cru qu’on diroit quelque jour que je n’avoischâtié que des esclaves. Veux-tu, me suis-jedit, que’dans ta patrie il n’y ait plus d’hommesqui puissent être touchés de ta gloire? Et, puis-que tu établis la tyrannie, ne vois-tu pas bienqu’il n’y aura point après toi de prince si lâcheque la flatterie ne t’égale, et ne pare de ton nom,de tes titres, et de tes vertus même?
Seigneur, vous changez toutes mes idées. Dela façon dont je vous voyois agir, je croyois quevous aviez de l’ambition , mais aucun amour pour