DE S Y L L A ET d’eüCRAT E.
25l
la gloire: jevoyoisbien que votre ame étoit haute;mais je ne soupçonnois pas qu’elle fût grande:tout, dans votre vie, sembloit me montrer unhomme dévoré du désir de commander, et qui,plein des plus funestes passions a , se chargeoit avecplaisir de la home, des remords, et de la bas-sesse même, attachés à la tyrannie. Car enfinvous avez tout sacrifié à votre puissance ; vous vousêtes rendu redoutable à tous les Romains ; vousavez exercé sans pitié les fonctions de la plusterrible magistrature qui fût jamais. Le sénat nevit qu’en tremblant un défenseur si impitoyable.Quelqu’un vous dit: Sylla, jusqu’à quand répan-dras-tu le sang romain? Veux-tu ne commanderqu’à des murailles? Pour lors vous publiâtes cestables qui décidèrent de la vie et de la mort dechaque citoyen.
Et c’est tout le sang que j’ai versé qui m’amis en état de faire la plus grande de toutes mesactions. Si j’avois gouverné les Romains avecdouceur , quelle merveille que l’ennui , que ledégoût , qu’un caprice , m’eussent fait quitterle gouvernement? mais je me suis démis de ladictature clans le temps qu’il n’y avoit pas un seulhomme dans l’univers qui ne crût que la dicta-ture étoit mon seul asyle. J’ai paru devant lesRomains, citoyen au milieu de mes concitoyens;et j’ai osé leur dire: Je suis prêt à rendre comptede tout le sang que j’ai versé pour la républi -que; je répondrai à tous ceux qui viendront mea Variante: Pour satisfaire à cette idée.