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Tome septième.
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DISCOURS.

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Je ne parlerai donc point de ces grandes cor-ruptions qui , dans tous les temps , ont été leprésage du changement ou de la chute des états;de ces injustices de dessein formé; de ces méchan-cetés de système; de ces vies toutes marquées decrimes, où des jours d’iniquités ont toujours suivides jours d’iniquités; de ces magistratures exercéesau milieu des reproches , des pleurs , des mur-mures et des craintes de tous les citoyens: contredes juges pareils, contre des hommes si funestes,il faudrait un tonnerre; la honte et les reprochesne sont rien.

Ainsi, supposant dans un magistrat sa vertuessentielle, qui est la justice, qualité sans laquelleil n’est qu’un monstre dans la société, et aveclaquelle il peut être un très-mauvais citoyen, jene parlerai que des accessoires qui peuvent faireque cette justice abondera plus ou moins. Il fautquelle soit éclairée; il faut quelle soit prompte,qu’elle ne soit point austère, et enfin qu’elle soituniverselle.

Dans l’origine de notre monarchie, nos pères,pauvres, et plutôt pasteurs que laboureurs, soldatsplutôt que citoyens, avoieut peu d’intérêts à régler;quelques lois sur le partage du butin, sur la pâtureou le larcin des bestiaux , régioient tout dans larépublique tout le monde étoit bon pour êtremagistrat chez un peuple qui dans ses moeurssuivoit la simplicité de la nature, et à qui sonignorance et sa grossièreté fournissoient des moyensaussi faciles qu’injustes de terminer les différens,