DISCOURS.
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comme le sort, les épreuves par l’eau, par le feu,les combats singuliers, etc.
Mais depuis que nous avons quitté nos moeurssauvages; depuis que, vainqueurs des Gaulois etdes Romains, nous avons pris leur police ; que lecode militaire a cédé au code civil; depuis sur-tout que les lois des fiefs n’ont plus été les seuleslois de la noblesse , le seul code de l’état, et quepar ce dernier changement le commerce et lelabourage ont été encouragés ; que les richessesdes particuliers et leur avarice se sont accrues;qu’on a eu à démêler de grands intérêts, et desintérêts presque toujours cachés ; que la bonne foine s’est réservé que quelques affaires de peu d’im-portance, tandis que l’artifice et la fraude se sontretirés dans les contrats, nos codes se sont augmen-tés: il a fallu joindre les lois étrangères aux natio-nales ; le respect pour la religion y a mêlé lescanoniques; et les magistratures n’ont plus été lepartage que des citoyens les plus éclairés.
Les juges se sont toujours trouvés au milieudes pièges et des surprises , et la vérité a laissédans leur esprit les mêmes méfiances que l’erreur.
L’obscurité du fond a fait naître la forme.Les fourbes, qui ont espéré de pouvoir cacherleur malice, s’en sont fait une espèce d’art: desprofessions entières se sont établies , les unes pourobscurcir, les autres pour alonger les affaires; etle juge a eu moins de peine à se défendre de lamauvaise foi du plaideur , que de l’artifice decelui à qui il confioit ses intérêts-.