Band 
Tome septième.
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PENSEES

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Sophocle, Euripide, Eschyle, ont dabordporté le genre dinvention au point que nous na-vons rien changé depuis aux règles quils nous ontlaissées, ce qu'ils nont pu faire sans une connois-sance parfaite de la nature et des passions.

Jai eu toute ma vie un goût décidé pour lesouvrages des anciens: jai admiré plusieurs critiquesfaites contre eux , mais jai toujours admiré lesanciens. Jai étudié mon goût, et jai examiné sice nétoit point un de ces goûts malades sur les-quels on ne doit faire aucun fond; mais plus jaiexaminé, plus jai senti que javois raison davoirsenti comme jai senti.

Les livres anciens sont pour les auteurs , lesnouveaux pour les lecteurs.

Plutarque me charme toujours: il y a des cir-constances attachées aux personnes, qui font grandplaisir.

QuAristote ait été précepteur dAlexandre ,ou que Platon ait été à la cour de Syracuse, celanest rien pour leur gloire ; la réputation de leurphilosophie a absorbé tout.

Cicéron , selon moi , est un des plus grandsesprits qui aient jamais été : lame toujours bellelorsquelle nétoit pas foible.

Deux chefs doeuvres : la mort de César dansPlutarque, et celle de Néron dans Suétone. Danslune, on commence par avoir pitié des conjurésqu'on voit en péril, et ensuite de César quon voitassassiné. Dans celle de Néron, on est étonné dele voir obligé par degrés de se tuer, sans aucune