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PENSÉES
Plagiat: avec très-peu d’esprit on peut fairecette objection-là. Il n’y a plus d’originaux,grâce aux petits génies. Il n’y a pas de poète quin’ait tiré toute sa philosophie des anciens. Quedeviendroient les commentateurs sans ce privilège?
Ils ne pourroient pas dire: Horace a dit ceci.
Ce passage se rapporte à tel autre de Théocrite,
où il est dit. Je m’engage de trouver dans
Cardan les pensées de quelque auteur que ce soit,le moins subtil.
On aime à lire les ouvrages des anciens pourvoir d’autres préjugés.
Il faut réfléchir sur la Politique d’Aristote etsur les deux Républiques de Platon, si l’on veutavoir une juste idée des lois et des moeurs desanciens Grecs.
Les chercher dans leurs historiens, c’est commesi nous voulions trouver les nôtres en lisant lesguerres de Louis xiv.
République de Platon , pas plus idéale quecelle de Sparte.
Pour juger les hommes, il faut leur passer le*préjugés de leur temps.
DES MODERNES.
Nous n’avons pas d’auteur tragique qui donneà l’ame de plus grands mouvemens que Crébillon,qui nous arrache plus à nous-mêmes, qui nousremplisse plus de la vapeur du dieu qui l’agite:il vous fait entrer dans le transport des bacchantes.
On