ï A M U 1 E 1U S.
17
LETTRE VII.
A M. L’ABBÉ DI GUASCO.
A Turin.
Je suis fort aise, mon cher ami, que la lettreque je vous ai donnée pour notre ambassadeur,vous ait procuré quelques agrémens à Turin, etun peu dédommagé des duretés a du marquisd’Orméa. J’étois bien sûr que M. et madame deSénectère se feroient un plaisir de vous çonnoître,et, dès qu’ils vous connoîcroient, qu’ils vous rece-vroient à bras ouverts. Je vous charge de leurtémoigner combien je suis sensible aux égards qu’ilsont eus à ma recommandation. Je vous félicitedu plaisir que vous avez eu de faire le voyage avecM. le comte d’Egmont ; ils est effectivement demes amis, et un des seigneurs pour lesquels j’aile plus d’estime. J’accepte l’appointement de
a Cet ami de Montesquieu avoit passé quelques années àParis, où il étoit allé pour une maladie des yeux. Sou père étantmort, il fut obligé de retourner à Turin pour l’arrangement deses affaires domestiques. En passant par cette ville, j'ai ouï direqu’ayant besoin de l’intervention du ministre pour arranger quel-ques intérêts, il ne put jamais obtenir audience de M. le marquisd’Orméa, paï une suite d’une ancienne inimitié de ce ministrecontre son père. C’est aussi paf une suite de cette inimitié queses deux frères avoient pris la résolution de se transplanter dansles pays étrangers, se vouant au service de la maison d’Autriche,où ils q’ont pas eu lieu de se repentir du parti qu’ils avoient pris.
9 . 2
1