FAMILIERES.
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vendanges de Clérac, qui ne seront sûrement passi bonnes quelles l’auroient été, par la consom-mation de raisins que vous avez faite dans mesvignes. On ne croit pas que les affaires de mylordMorton a soient aussi mauvaises qu’on l’a cru dansle public, aigri par la guerre contre les Anglais.Le P. Desmolets n’a point eu de tracasserie danssa congrégation, d’autant plus qu’il ne porte pointde perruque b ; mais il dit que vous lui donneztrop de commissions. Je vous donne la devise duporc-épic, Continus eminits. Le P. Desmoletsdit que vous avez plus d’affaires que si vous alliezfaire la conquête de la Provence. . . Remarquezque c’est le P. Desmolets qui dit cela. Pendantque vous serez à Clérac, prenez bien garde à troischoses; à vos yeux, aux galanteries de M. de laMire, et aux citations de saint Augustin dans vosdisputes de controverse. J’envie à madame deMontesquieu le plaisir qu’elle aura de vous revoir.Adieu, je vous embrasse.
De Paris, 1746.
a Ce seigneur étant venu à Paris durant la guerre , avoitété mis à la Bastille.
b Dans le chapitre géne'ral tenu par la congrégation del’Oratoire, on déclara la guerre à l’appel de la bulle Unigenitus ,et aux perruques de poil de chèvre, dont quelques uns se ser-voient au lieu de grandes calottes. Plusieurs membres quittè-rent plutôt que de se soumettre à ces duretés. Le père Desmo-lets étoit bibliothécaire de la maison de Saint-Honoré, et undes plus anciens amis de l’auteur , qui lui ayant montré sonmanuscrit des Lettres Persanes, pour savoir si cela seroit débité,lui répondit: ,, Président, cela sera vendu comme du pain, ,y
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