H
L ET TRES
LETTRE XV.
AU MÊME.
T
V E ne sais quel tour a fait la lettre que vousm'avez écrite de Barège; elle ne m'est parvenueque depuis peu de jours. J’ai été très-scandalisé
de 3a tracasserie de M. le chevalier d’. C’est
un nlaisant homme que ce prétendu gouverneurde'Barège; il faut que le cordon bleu lui ait tournéla tête. Quand je le verrai à Paris, je ne man-querai pas de lui demander si vous avez fait biendes progrès en politique par la lecture de sesgazettes. . J’ai conté ici la querelle d’Allemandqu’il vous a faite, faisant bien remarquer qu’il estfort singulier qu’un homme né dans les états duroi de Sardaigne soit inquiet de la petite-vérolede ce monarque, et que, tenant par deux frèresà la cour de Vienne, il montre d’être fâché deses échecs. Sachez, mon cher ami, qu’il y a desseigneurs avec qui il ne faut jamais disputer aprèsdîner. Vous avez agi très-prudemment en luiécrivant après son réveil. Votre lettre est dignede vous, et je suis enchanté qu’elle l’ait désarmé.Vous devez être glorieux d’avoir triomphé, le jourdo Saint-Louis, d’un de nos lieutenans-généraux,sans que personne vous ait aidé.
Mandez-moi si vous accompagnerez madamede Montesquieu à Clérac : car mon ouvrage