Band 
Tome huitième.
Seite
49
JPEG-Download
 

f AMI LUHES.

49

LETTRE XXII.

A M. L’ABBÉ DE GUASCO.

A Aix.

Je vous donne avis, victorieux abbé, que vouaavez remporté un second triomphe a à l’académie.Je n’ai point parlé de votre affaire à madame d’Ài-guillon, parce quelle est partie pour Bordeauxcomme un éclair: elle n’est occupée que du franc-aleu ; tout doit céder à cela, même ses amis.

Je vous donne aussi avis qu’au commence-ment du mois prochain l’ouvrage en questionsera fini de copier b . Je suis quasi d’avis de lemettre 2/2-12; ce que je vous enverrai formera

a Le sujet du prix proposé par l'acadéniie étoit d’expliqueren quoi consistaient la nature et l'étendue de f autonomie dont jouit -soient les villes soumises à une puissance étrangère.

t> On a dit que Montesquieu, arrivé à Paris, consulta Hel-vétius sur l'Esprit des Lois avant de le publier. Celui-ci ne futpas satisfait de ce que l’auteur avoit Composé avec les préjugés,et de ce qu’il n’avoit pas coupé dans le vif. Il communiqueau président Hénaut le manuscrit: celui-ci dit que l’ouvragen’est pas achevé, quoique les matériaux soient sublimes. M.Silhouette, plus hardi que les deux autres, lui conseille debrûler l’ouvrage. Notre philosophe, pour toute réponse, ajoutecette épigraphe, Prolem sine tnatre creatam, et l’envoie à l’impri-meur. Il parut en 1748. Les principes des lois entroient dansle plan d’Helvétius, et il les reprenoit de fort haut: Montes-quieu, au contraire, partoit des faits. L’un cherchoit uneIfréoriej l’autre avoit fait une histoire. {Note des éditeur'*,')