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Tome huitième.
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Manpertuis m’a mandé qu’il avoit trouvé des cho-ses où iln’étoit pas démon avis. Je lui ai réponduque je parierois bien que je mettrois le doigt surces choses. Je vous dirai aussi que le duc de Sa-voie a commencé une seconde lecture de mon livre.Je suis très-flatté de tout ce que vous me dites del’approbation des Anglais a ; et je me flatte que letraducteur de Y Esprit des Lois me rendra aussibien que le traducteur des Lettres persanes. Vousavez bien fait, malgré le conseil de mademoisellePitt, de rendre les lettres de recommandationde mylord Bath. Vous n’avez que faire d’entrerdans les querelles du parti : on sait bien qu’unétranger n’en prend aucun , et voit tout le monde.Je ne suis point surpris des amitiés que vous rece-vez de ceux que vous avez connus à Paris, et suissûr que plus vous resterez à Londres, plus vousen recevrez : mais j’espère que les amitiés des An-glais ne vous feront point négliger vos amis deFrance, à la tête desquels vous savez que je suis.

a L'Esprit des Lois est constamment sur la table de la chambredes communes, à Londres: en France, il fut honoré de la cen-sure du clergé.

Les Anglais envoyèrent M. Dassier, célèbre artiste , pourfaire graver le portrait de Montesquieu : sa mémoire attend ici unmonument digne des Français et de lui.

En Angleterre il eût été enterré , à côté de Newton , àWestminster: à Paris , nous n’avons pu retrouver l'asyle de sacendre à Saint-Sulpice.

En Angleterre , Bacon , Addison et Mansfield furent chan-celiers: en France, Montesquieu ne fut qu’un grand homme.( Note des éditeurs. )