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LETTRE XLIII.
A M. l’abbé DE GuASCO.
J’ai reçu, monsieur le comte, à la Brède, oùje suis, et où je voudrois bien que vous lussiez,votre lettre datée de Turin. M. le marquis deSaint - Germain a , qui s’intéresse vivement à cequi vous regarde, m’a voit déjà appris la manièredistinguée dont vous avez été reçu à votre cour yet la justice qu’on vous y a rendue. Il est conso-lant de voir un roi réparer les torts que son mi-lustre a fait essayer; et je vois avec joie qu’avecle temps le mérite est toujours reconnu par lesprinces éclairés, qui se donnent la peine de voirles choses par eux-memes. Les bons offices queM. le marquis de Saint-Germain vous a renduspar ses lettres, augmentent la bonne opinion quej’avois de lui. Je vous fais bien mes complimenssur l'investiture de votre comté b ; et si j’avois
* Ambassadeur de Sardaigne à Paris, qui y fut fort estimé.
b En Piémont, parles constitutions du pays, les ecclésiasti-ques ne peuvent point posséder de fiefs, ni en prendre le titre.Les deux frères étant exposés aux périls de la guerre , il pouvoitarriver que venant à manquer, le fief qui donne le titre à leurfamille retombât à la couronne, ou dans une famille étrangère.D’ailleurs, comme il étoit établi en Allemagne, où les ecclé-siastiques ne sont pas sujets à la même loi, il demanda an roide l’investir aussi lui-même de ce fief; grâce que le roi luiaccorda par une patente particulière , avec le titre, jurisdictionet prérogatives du comté de sa famille, dérogeant, à cet effet,à l'article des constitutions sur ce sujet.