Band 
Tome huitième.
Seite
93
JPEG-Download
 

r A MIL I E IU b,

93

appris que vous aviez été investi d’une abbaye,ma satisfaction seroit aussi complète qu’eût été laréparation. Au reste, mon citer ami, je ne vou-drois point qu’il vous vînt la tentation de nous *

quitter; vous savez que nous vous rendons justiceen France, et que vous y avez des amis. Ce seroitune ingratitude à vous d’y renoncer pour un peude faveur de cour; permettez-moi de me reposerà cet égard sur la maxirfte , qu’on 11’est pas pro-phète dans sa patrie.

J’ai eü ici mylord Hyde a , qui est allé deParis à Yeret chez notre duclu , de là à Ri-chelieu chez M. le maréchal , de là à Bordeauxet à la Brède , de là à Aiguillon , où M. le duca mandé qu’on lui fît les honneurs de son châ-teau; de sorte qu’il trouve par-tout les empres-semens qui sont dus à sa naissance , et ceux quisont dus à son mérite personnel. Mylord Hydevous aime beaucoup, et auroit bien voulu aussivous trouver à la Brède.

Vous avez touché la vanité qui se réveilledans mon coeur, dans l’endroit le plus sensible,lorsque vous m’avez dit que son altesse royaleavoit la bonté de se ressouvenir de moi : présentez,je vous prie, mes adorations à ce grand prince;ses vertus et ses belles qualités forment pour moiun spectacle bien agréable. Aujourd’hui l’Europe

a Ou de Cornbury, dernier descendant du célèbre chance-lier Hyde, fort aimé en France, où il demeuroit depuis quel-ques années, et où il mourut de consomption, très-regretté detous ceux qui connoissoient son excellent caractère et son esprit.