LETTRES
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LETTRE L.
AU MK M E.
A Vienne.
Je trouve, mon cher comte, vos raisons assezbonnes pour ne point vous engager légèrement;mais je crois que celles qu’on a pour vous retenirsont encore meilleures, et j’espère cpie votre espritpatriotique s’y rendra. Je vois par-là avec biende la joie que ce que l’on m’a dit des soins qu’onprend de l’éducation des archiducs, est très-réel.Il ne suffit pas de mettre auprès d’eux des gens sa-vans, il leur faut des gens qui aient des vues éle-vées et qui connoissent le monde; et je crois, sansblesser votre modestie, cju’à ces titres vous devriezavoir des préférences. Le département de l’étudede l’histoire est un de ceux qui importent le plusà un-prince: mais il faut lui faire considérer l’his-toire en philosophe ; et il est bien difficile qu’unrégulier, ordinairement pédant et livré par état àdes préjugés, la lui développe dans ce point devue, lors sur-tout qu'il s’agira de temps critiqueset intéressans pour l’empire. Si l’on délivre decette épine le département que l’on vous propose,j’aime trop le bien des hommes pour ne pas vousconseiller de passer par-dessus les autres difficultésqui s’opposent à la réussite de cette affaire : avecquelques précautions , le climat de Vienne nenuira pas plus à vos yeux que celui de Flandre,