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Tome huitième.
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DE l’eSPKIT DES LOIS.

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malgré sa police, ses moeurs, et les belles insti-tutions de Solon, reçut des plaies profondes , sanspouvoir retrouver aucun vestige de cette anciennepolitique mâle et vigoureuse, qui savoit préparerles bons succès et réparer les mauvais. Dès lorsAthènes, autrefois si peuplée d’ambassadeurs quivenoient en foule réclamer sa protection ; Athènes,superbe par le nombre de ses vaisseaux, de sestroupes, de ses arsenaux, par l'empire de la mer,fut réduite à combattre non pour la prééminencesur les Grecs, mais pour la conservation de sesfoyers. Quel spectacle affreux de voir des scélératsqui conspiroient à la ruine de la patrie, prétendreaux honneurs rendus à Thémistocle, et aux hérosqui moururent aux batailles de Marathon et dePlatée ! Cela fit que des citoyens impies, et ven-dus aux puissances ennemies lorsqu’elles prospé-roient, se promenoient avec un visage content etserein dans les places publiques, et, au récit desévénemens heureux pour la patrie, ils n’étoientpoint honteux de trembler, de gémir, de baisserles yeux vers la terre. Cela in qu’on vit paroîtresur la tribune des flatteurs, des prévaricateurs,des mercenaires , pour proposer des décrets aussifastueux que lâches et scandaleux, qui dégradoientla cité et la couvroient d’opprobre. Ce fut enfinpar la corruption de ses principes que tout futperdu à Rome. Rome , cette ville réputée éter-nelle, qu’on vénéroit comme un temple; Rome,dont le sénat étoit respecté comme une assembléede rois, où l'on voyoit les rois étrangers se prosterner