Band 
Tome huitième.
Seite
180
JPEG-Download
 

ANALYSE

l8o

et baiser le pas de la porte, appelant les sénateursleurs patrons, leurs souverains, leurs dieux; Romeenfin, dont le gouvernement étoit regardé commele plus grand et le plus beau chef-d’oeuvre quifût jamais parmi les humains, perdit par la cor-ruption de ses principes la force de son institution.Plus de patrie, plus de lois, plus de moeurs, plusde déférence, plus d’intérêt public, plus de de-voirs. Les citoyens , qui le diroit! à la vue mêmedu Capitole et de ses dieux, déserteurs de la foide leurs pères, ne sentant plus de répugnancepour l’esclavage, s’apprivoisèrent avec la tyrannie,contens de jouir d’un repos indigne du nom ro-main, de la république, de leurs ancêtres. C’estde ce débordement de corruption générale d’unerépublique mourante qu’on vit naître successive-ment , tantôt une anarchie générale , où l’ondonna le nom de rigueur aux maximes, de gêneà la subordination, d’opiniâtreté à la raison, auxlumières, à l’examen, de passion et de haine àl’attention contre les abus et à une justice intré-pide ^ et par là l’inertie tint lieu de sagesse;tantôt un gouvernement dur et militaire qui ôtales prérogatives des corps et les privilèges despeuples vaincus, qui conduisit tout immédiate-ment par lui-même, changea tout l’ordre deschoses, confondit l’infamie et les dignités, avilittous les honneurs jusqu’à être le partage de quel-ques esclaves ou de quelques gladiateurs; tantôtune tyrannie réfléchie , qui ne respira que desordres cruels, des délateurs, des amitiés infidèles,