DE L’ESPRIT DES LOIS. 2^1
„ maisons que pour la vie; on ne fait point de„ fossés, on'ne plante point d’arbres; on tire tout„ de la terre, on ne lui rend rien; tout est en„ friche, tout est désert”. Notre auteur, tou-jours affectionné au bien public, nous montreque ces domaines étendus, sans bornes, sont lefléau de la culture des terres. Enfin il fait voirque rien n’annonce plus un gouvernement paternelqu’une attention non interrompue pour exciterau travail. Ces grandes vérités, si l’on en estbien pénétré, sont capables de ranimer l’agricul-ture et la population dans les fanges des marécagesmêmes.
Cet amour du travail, et par conséquent cettehorreur de l’oisiveté, que notre auteur inspire,lui font faire une remarque, que peut-être lecommun des hommes ne comprend pas, et quicependant n’est que trop vraie; savoir, que lapopulation dans quelques circonstances peut êtrefavorisée, dans quelques autres elle peut être af-faiblie par l’établissement des hôpitaux. Il s’enfaut bien que notre auteur, avec cette humanitééclairée qui marche à la tête de chaque page deson ouvrage, ne reconnoisse que la vraie indigenceest quelque chose de sacré, que les vrais pauvresdoivent être respectés comme des gens revêtusd’un caractère public , et que par conséquent' leur subsistance est la dette la plus ancienne et laplus privilégiée de l’état: mais il n’a que tropraison de dire que l’indigence même ne doit paêtre regardée comme un mal, puisqu’elle a des8. 16