Band 
Tome premier.
Seite
146
JPEG-Download
 

I4«î s L L' E S P R r T.

misère (i) , Sc cinq ou hx mille vivent dans une

opulence qui les rend odieux , íuns les rendre plus

heureux.

(i) 11 est bien singulier que les pays vantés par leur luxeZí leur police , soient U s pays ost le plus grand nombredes hommes est plus malheureux que ne le font les nationssauvages, st méprisées des nations policées. Qui douteque l’état du sauvage ne soit préférable à celui du paysan?Le sauvage n’a point, comme lui, à craindre la prison,la surcharge des impôts, la vexation d’un seigneur, lepouvoir arbitraire d’un subdélégué ; il n’est point perpé-tuellement humilié & abruti par la présence journalièred’hommes plus riches Sc plus puìssans que lui ; fans supé-rieur , sans servitude, plus robuste que le paysan, parcequ’il est plus heureux, il jouit du bonheur de Légalité,8c sur-tout du bien inestimable de la liberté , si inutile-ment réclamée par la plupart des - nations.

Dans les pavs policés, í’art de la législation n’a souventconsisté qu’à faire concourir une infinité d’hommes aubonheur d’un petit nombre, à tenir, pour cet effet, lamultitude dans l’opprestion, & à violer envers elle tousles droits de l’humanité.

Cependant le vrai esprit législatif ne devroit s’oecuperque du bonheur général. Pour procurer ce bonheur auxhommes , peut-être faudroit-il k-s rapprocher de la vie depasteur ; peut-être les découvertes en létristarion nous ra-meneront-elles , à cet égard, au point d’ost l’on est d'ahordparti. Non que je veuille décider une question si délicate,& qui exigeroit l'examen le plus profond; mais l'avouaqu’il est bien étonnant que tant de formes dìst’ér:ntes degouvernement, établies du moins fous le prétexte du bienpublic , que tant de lois, tant de réglemens n’a ; ent été ,chez la plupart des peuples , que des inítramens de l’in-fortune des hommes. Peut-être ne peut-on échapper à ce