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nns font énervés par ia mollesse, les autres exténuéspar le besoin.
Si les peuples sauvages ou pauvres , comme le re-marque le chevalier Folard , ont , à cet égard , unegrande supériorité íur les peuples livrés au luxe, c'elìque le laboureur est , chez les nations pauvres, íou-vent plus riche que chez les nations opulentes ; c'eiìqu'un paysan SuilTe est plus à son aiíe qu’un payíanFrançois (i).
Pour former des corps robustes , il huit une nour-riture simple, mais laine & assez abondante ; un exer-cice qui, lans être excessif, soit fort ; une grande habi-tude à supporter les intempéries des saisons ; habitudeque contractent les paysans, qui, par cette raison ,lent infiniment plus propres à loutenir les fatigues dela guerre que des manufacturiers, la plupart habituésà une vie sédentaire. C’est aussi chez les nationspauvres que íe forment ces armées infatigables quichangent le destin des empires.
Quels remparts opposeioit àces nattons un pavs li-vré au luxe & à la molieí'e ? II ne peur leur en impo-íer ni par le nombre, ni par la force de les habitans.L’attachemenr pour la patrie, dira-t-on, peut suppléerau nombre Sc à la force des citoyens. Mais qui pro-duiroit en ces pays cer amour vertueux de la patrie ?L’ordre des payíans, qui compose à lui seul les deux
(t) II ne suffît pas, dit Grotius, que le peuple soitpourvu des choses absolument nécessaires à fa conserva-tion Sc à sa vie ; il faut encore qu'il l’ait agréable.