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Tome premier.
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7 54 D E ^ESPRIT.

tiers de chaque nation , y est: malheureux : celui desartisans n’y possède rien ; transplanté de son villagedans une manufacture ou une boutique , & de eetteboutique dans une autre, l’artisan est familiarisé avecl’idée du déplacement; il ne peut contracter d’at tacite-ment pour aucun lieu ; assuré presque par - tout de sasubíistance, il doit se regarder non comme le cirovend’un pays, mais comme un habitant du monde.

Un pareil peuple ne peut donc íe distinguer long-temps par son courage ; parce que, dans un peuple , lecourage est ordinairement, ou leste t de la vigueur ducorps, de cette confiance aveugle en ses forces, quicache aux hommes la moitié du péril auquel ils s’ex-posent, ou 1 effet d’un violent amour pour la patrie,qui leur sait dédaigner les dangers : or, le luxe tarit ,à la longue, ces deux sources de courage(i). Peut-êtrela cupidité en ouvrirai t-elle une troisième , lì nous

(i) En conséquence, l’on a toujours regardé l’espricmilitaire comme incompatible avec l’esprit de commerce :ce n’est pas qu’on ne paille du moins îes concilier jusqu’àun certain point ; mais c’est qu’en politique, ce problèmeest un des plus difficiles à résoudre. Ceux qui, jusqu’àprésent, ont écrit sur le commerce , l’ont traité commeune question isolée ; ils n’ont pas aster fortement sents quetout a ses reflets ; qu’en fart de gouvernement, si n estpoint proprement de question isolée ; qu’en ce genre , lemérite d'un auteur consiste à lier ensemble toutes les par-ties de l’adnr.nislration ; & qn’enfm un état est une ma-chine mue par différens ressorts, dont il faut augmenterou diminuer la force, proportion nément au jeu de ces res-sorts entre eux, Se à l'effet qu’on veut produire.