Band 
Tome premier.
Seite
167
JPEG-Download
 

DE L' E S P R I T. 167

quer le problème de la liberté-? Si, corn me M. Locke,l’a prouvé, nous Íommesdisciplesdesíimis, des parens,des lectures, & enfin de tous les objets qui nous envi-ronnent, il faut que tontes nos pensées & nos volontéssoient des effets immédiats, ou des suites nécessairesdes impressions que nous avons reçues.

Gn ne peut donc se former aucune idée de ce motde lïberté _, appliqué à la volonté (1) ; il faut la con-sidérer comme un mystère 1 , s’écrier avec laint Paul :O alútudo ! convenir que la rhéologie feule peut dis-courir fur une pareille matière, &c qu’un traité phi-losophique de la liberté ne seroit qu’un traité des effetsfans eau te.

(1) -- La liberté, disoientles stoïciens, est une chimère.» Faute de connoìtre les motifs, de rassembler les cir--> constances , qui nous déterminent à agir d'une certaine* manière, nous nous croyons libres. Peut-on penser que-> Fhomme ait véritablement le pouvoir de se déterminer?55 Ne sont-ce pas plutôt les objets extérieurs, combinésde mille façons différentes , qui le pouffent & le déter-» minent ? Sa volonté esi-elle une faculté vague & indé-» pendante, qui agisse fans choix & par caprice? File agit,-- soit en conséquence dé u n jugement, d’un acte de l’en--> rendement, qui lui représente que telle chose est plus» avantageuse à ses intérêts que toute autre ; soit qu'in--- dépendamment de cet acte, les circonstances où un« homme se trouve l’inclinent, le forcent à fe tournerd’un certain côté, L>: il se flatte alors qu'il s’y est tourné» librement, quoiqu’il rfait pas pu vouloir fe tourner d’un*> autre Hijìoire critique dc Ll Philosophie.

L 4