DE L’ E S P R I T'. l6§
conte est: l’histoire du peuple Romain. César se pré-lente dans la place publique, il veut s’y faire couronner;& les Romains, faute d’attacher des idées précises aumet de royauté, lui accordent, íotis le nom d ’ínpe-rator la puissance qu’ils lui refusent sous le nom deRex.
Ce que je dis des Romains peut généralement s’ap-pliquer à tous les divans & à tous les conseils des princes.Parmi les peuples , comme parmi les souverains, iln’en est aucun que PaL-us des mots n air précipité dansquelque erreur groiììère. Pour échapper à ce piège ilfa ud roi t, suivant le conseil de Leibnitz, ccmpoier unelangue philosophique, dans laquelle 011 détermineroitla signification précise de chaque mor. Les hommesalors pourroienc s’entendre , se transmettre exacte-
minisire d’état. Rien de plus ridicule, diíbit le ministre autccourtisans, que la manière dont se tient le conseil chezquelques nations nègres. Représentez-vous une chambred'asiemblée où font placées une douzaine de grandes cru-ches ou jarres à moitié pleines d’eau : c’cst là que, nudî& d’un pas grave, se rendent une douzaine de conseillersd'état : arrivés dans cette chambre , chacun faute dans facruche, s’y enfonce jusqu’au cou ; Sc c’est dans cette pos-ture qu’on opine & qu’on délibère sur les affaires d’état.Mais vous ne riez pas ? dit le ministre au seigneur le plusprès de lui. C’est, répondit-il, que je vois tous les joursquelque chose de plus plaisant en'core. Quoi donc , repritle ministre? C'ejt un pays cù les cruches feules tìcnr.saitons il.