170 DE L' E S P R / T.
ment leurs idées; les di [putes, qu’éternife Tabus desmots, fe termineroient ;& les hommes, dans toutesles sciences, íeroient bientôt forcés d’adopter les mêmesprincipes.
Mais l’exécution d’un projet si utile Sc si désirableest: peut-être impossible. Ce n’est point aux philo-sophes , c'est au beíoin qu’on doit 1 invention deslangues ; Sc le besoin , en ce genre, n’est pas difficileà satisfaire. En conséquence , on a d’abord attachéquelques fausses idées à certains mots ; ensuite on acombiné , comparé ces idées & ces mots entre eux ;chaque nouvelle combinaison a produit une nouvelleerreur ; ces erreurs íe íont multipliées ; 6c , en fe mul-tipliant , le íont tellement compliquées , qu’il feroicmaintenant impossible , íans une peine & un travailinfini, d'en íuivre & d'en découvrir la source. II enest des langues comme d’un calcul algébrique : il s’yglisse d’abord quelques erreurs ; ces erreurs ne font pasapperçues ; on calcule d’aprcs ses premiers calculs ; deproportion en proposition , on arrive à des coníé-quences entièrement ridicules. On en lent l’abfurdité:mais comment retrouver Tendrait où s’cst glissée lapremière erreur ? Pour cet ester, il faudrait refaire€c revérifier un grand nombre de calculs : malheu-reusement il est peu de gens qui puissent l’entre-prendre, encore moins qui le veuillent, íur-routlorí-que Tinté'êr des hommes puissans s’oppose à cettevérification.
J’ai montré les vraies causes de nos faux jugemens ;