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tus Sc de nos vices? Sans mépriser le vicieux, il fautle plaindre, se féliciter d’un naturel heureux , re-mercier le ciel de ne nous avoir donné aucun deces goûts Sc de ces pallions , qui nous eullent forcésde chercher notre bonheur dans l’inlortune d’autrui.Car enfin on obéit toujours à Ion intérêt; 5c de-làl’injustice de tous nos jugemens , 5c ces noms dejuste Sc d’injuste prodigues a la même action , rela-tivement à l’avantage ou au delavantage que chacunen reçoit.
Si l’univers physique est soumis aux loix du mou-vement , l’univers moral ne l est pas moins à cellesde l’intérêr. L’intérét est íur la terre, le puissant en-chanteur , qui change aux yeux de toutes les créatu-res la forme de tous les objets. Ce mouton paisible ,qui pâture dans nos plaines , n’est-il pas un objetdepouvante & d’horreur pour ces iníectes imper-ceptibles qui vivent dans l’épaifieur de la pulpe desherbes ? « Fuyons, diíent-ils, cet animal vorace 5c-- cruel, ce monstre, dont la gueule engloutit à la» fois , & nous , Sc nos cités. Que ne prend-U-- exemple fur le lion 5c le tigre ? ces animaux bien--- faisans ne détruisent point nos habitations ; ils ne« fe repaillent point de notre sang ; justes vengeurs-- du crime, ils puni fient fur le mouton les cruautés» que le mouton exerce fur nous ». C’est ainsi quedes intérêts différens métamorphosent les objets : lelion est à nos yeux l’animal cruel , à ceux de l’in-fecte , c’est le mouton. Aussi peut - on appliquer àl’univers moral ce que Leibnitz difoit de f uni vers