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public qui ne soit blâmée de quelque société parti-culière à qui cette meme action est nuitible.
Quel homme, en effet, s’il sacrifie 1 orgueil de sedire plus vertueux que les autres à l orgueil d êtreplus vrai , & s’il fonde, avec une attention 1 empri-se u se , tous les replis de ion aine, ne s’appercevrapas que c’est uniquement à la manière différente dontl’intérêt personnel se modifie, que l’on doit les vices& les vertus ( i ) r que tous les hommes font muspar la môme force î que tous tendeur également àleur bonheur? que c’est la diversité des pallions âcdes goûts, dont les uns font conformes & les autrescontraires à fintérét public , qui décide de nos ver-
(i) L’homme humain est celui pour qui la vue du mal-heur d’autrui c-st une vue insupportable , 8c qui, pours’arracher à ce spectacle, est, pour ainsi dire, forcé desecourir le malheureux. I/homme inhumain, ail contraire,est celui pour qui le spectacle de la misère 'd’autrui est unspectacle agréable : c’est pour prolonger ses plaisirs qu’ilrefu r e tout secours aux malheureux. Or, ces deux hommes,si diíférens, tendent cependant tous deux â leur plaisir ,8c font mus par le même ressort. Mais, dira-t-on , si l’onfait tout pour foi , Ton ne doit donc point de reconnoif-sance à ses bienfaiteurs? Du moins , répondrai-je, le bien-faiteur n’est-il pas en droit d’en exiger; autrement ce íeroitun contrat 8c non tin don qu’il auroit fait. Les Germains ,dit Tacite , font & reçoivent des préfens , & n exigent ni nedonnent aucune marque de reconnoijfance. C’est en faveur desmalheureux, 8c pour multiplier le nombre des bienfai-teurs , que le public impose , avec raison, aux obligés ledevoir de la reconnoissance.
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