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Curchill , pouvoit appercevoií le fameux Marlbo-fcough.
Tonte idée trop étrangère à notre manière de voirSc de sentir, nous semble toujours ridicule. Le mêmeprojet, qui, vaste Sc grand, paraîtra cependant d’uneexécution facile au grand ministre , ft ta traité parun ministre ordinaire , de fou , d’insenlé; Sc ce pro-jet , pour me servir de la phrase usitée parmi les sots,fera renvoyé à la république de Flacon. Voilà la rai-son pour laquelle, en certains pays , où les esprits,énervés par la superstition , sont paresseux Sc peucapables de grandes entreprises, on crois couvrir unhomme du plus grand ridicule , lorfqu’on dit de lui :C’ejl un homme qui veut réformer Vétat. Ridiculeque la pauvreté, le dépeuplement de ces pays , &,par conséquent, la néceílìté d’une réforme, fait, auxyeux des étrangers » retomber fur les moqueurs. IIen est de ces peuples comme de ces plaiíans. su-balternes ( 1 ) , qui croient déshonorer un hommelorsqu’ils disent de lui, d’un ton sottement malin :C’ejl un Romain , c’ejl un esprit. Piaillerie , qui, rap-
(1) Les bourgeois opuîens ajoutent, en dérision, qu’onvoit souvent l'homme d’espric à la porte du riche, & ja-mais le riche à la porte de Lhomme d’esprit : C'est , répondle poète Saadi, parce que L'homme dlefpri: fuit le prix desrichesses , & que le riche ignore le prix des lumières. D’ailîeurs,comment la richesse estimeroit-elle la science ? Le savanepeut apprécier l’ignorant, parce qu’il l'a été dans son en-fance ; mais l’ignorant ne peut apprécier le savant, parceeju’il ne l’a jamais été.
Tome I.
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