Band 
Tome premier.
Seite
192
JPEG-Download
 

i-.m.

IC)Î DE L ESPRIT.

sur le raient des hommes qu’il emploie 8c fur l’eí-time qu’il a pour les gens de mérite. Sous un mo-narque jhipide j diíoit la reine Christine , toute facour cu L'est y ou le devient.

Mais, dira-t-on , 011 voir quelquefois des hommesadmirer , dans les autres, des idées qu’ils n’auroiencjamais produites, Sc qui même n’ont nulle analogieavec les leurs. On fait ce mot d’un cardinal ; aprèsla nomination d u pape , ce cardinal s’appioche dusaint père , Sc lui dit : Vous voilà élu pape ; voici laderniere fois que vous entendre p la vérité : séduit parles respects _, vous allers bientôt vous croire un grand-hotnme. Souvene^ - vous qu 3 avant votre exaltation _,yous n’cticq qu 3 un ignorant & un opiniâtre. Adieu , jevais vous adorer. Peu de courtiians, fans doute, fontdoués de l’eíprit & du courage nécessaires pour tenirim pareil discours j mais la plupart d’entreeux , sem-blables à ces peuples , qui tour-à-tour adorent Scfouettent leur idole, lont en secret charmés de voirhumilier le maître auquel ils font soumis. La ven-geance leur inlpire l’éloge qu’ils font de pareils traits,£c la vengeance est un intérêt. Qui n’est point animéd’un intérêt de cette espèce, n’c-siime Sc même nesent que les idées analogues aux siennes : aussi labaguette , propre à découvrir un mérite naissant Scinconnu , ne tourne-t-elle Sc ne doit-elle réellementtourner qu’entre les mains des gens d’esprit , parcsqu’il n’y a que le lapidaire qui se connoisie en dia—nrans bruts, 8c que l’esprit qui sente l’esprit. Cetsétoit que l’œil d’un Turenne qui, dans le jeune

Curchill,