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Tome premier.
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Mais, ajourera-t-on j comment imaginer qu'imhomme , qui , par exemple , remplir les petits offi-ces de la magistrature , puisie se croire autant d’es-prit que Corneille ? II est vrai, répondrai-je, qu’il nemettra personne , à cet égard , dans fa confidence :cependant , lorsque , par un examen scrupuleux ,l’on a découvert de combien de sentimens d’orgiieilnous sommes journellement affectés, fans nous enappercevoir , &c par combien d’éloges il faut êtreenhardi pour s’avouer à foi même & aux autres laprofonde estime qu’on a pour son esprit , on sentque le silence de sorgueil n'en prouve pas moinsl’abíence. Supposons, pour suivre l’exemple ci-delsusrapporté, qu'au sortir de la comédie le hasard ras-semble trois praticiens ; qu’ils viennent à parler deCorneille ; tous trois, peut-être, s'écrieront à la foisque Corneille est le plus grand génie du monde : ce-pendant , si, pour se décharger du poids importunde l’estime , l’un deux ajoutoit que ce Corneille est,à la vérité , un grand-homme, mais dans un genrefrivole ; il est certain, si l’on en juge par le méprisque certaines gens affectent pour la poésie, que lesdeux autres praticiens pourroient se ranger à lavisdu premier : puis, de confiance en confiance , s’ilsvenoient à comparer la chicane à la poésie ; l’artde la procédure , diroit un autre , a bien les ruses,les finesses & ses combinaisons, comme tout autroart : Vraiment, répondroit le troisième, il n'est pointd art plus difficile. Or , dans l’hypothèíe trcs-admií-íible, que, dans cet art si difficile, chacun de ces