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Tome premier.
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aoé DE l’ E $ P R 1 T.

praticiens se crût ie plus habile, fans qu’aucun deuxtut prononcé le mot, le r iultat de cette conversa-tion íeroit que chacun deux le croiroit autant d’es-prit que Corneille. Nous sommes par la vanité, &íur-tout pat 1 ignorance, tellement nécèsiìtés à nousestimer préférablement aux autres, que le plus grandhomme dans chaque art est celui que chaque ar-tiste regarde comme le premier après lui ( i ). Dutemps de Thémistocle , où 1 orgueil n’étoit diffèrentde l’orgueil du siécle preíent q u'en ce qu’il émit plusnaïf, tous les capitaines, après la bataille de Sala-mine, ayant été obligés de déclarer, par des billetspris lut l’autel de Neptune , ceux qui avoient eu leplus de pan à la victoire , chacun s’y donnant lapremière part , adjugea la seconde à Thémistocle ;& le peuple crut alors devoir décerner la premièrerécompenie à celui que chacun des capitaines enavoit regardé connue le plus digne après lui.

II est donc certain que chacun a nécessairement

(i) Aucun art, aucun talent ne mérite la préférence furun autre , qu’autant qu'il est réellement plus utile , soitpour amuser, soit pour instruire. Les comparaisons qu’onen fait dans le monde, & les éloges exclusifs qu’on leurprodigue, ne déterminent jamais la préférence qu’on vou-droit leur faire obtenir ; attendu que ceux avec qui l’onen parle 8c l’on en dispute , sont toujours intérieurementbien décidés à n’accorder cette préférence qu’à l’art ouan talent qui flatte le plus l’intérêt de son penchant ou defa vanité. Et cet intérêt ne peut être le même dans tousles hommes.