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Tome premier.
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DE L’ E S P R T r. 235

lui avant répondu qu’ils n’étoienr point gouvernéspar des rois , trouva cette réponse si ridicule, qu'ilen pâma de rire.

î! est: vrai q u'en général, les Grands ne font passujets à de pareils soupçons ; chacun d’eux croittenir un grand espace sur Ja terre , «Sc s'imagine qu’iln’y a qu’une feule façon de penser qui doit faire loiparmi les hommes , & que cette façon de penser est:renfermée dans fa société. Si , de temps en temps ,il entend dire qu’il est des opinions différentes dessennes; il ire les apperçoit, pour ainfi dire , quedans un lointain confus ; il les croit toutes reléguéesdans la tète d’un tròs-petit nombre d’inscnlés. 11 est,à cet égard , aulìì fou que ce géographe Chinois ,qui, plein d’un orgueilleux amour pour fa patrie,destina une mappemonde , dent la surface étoit pres-que entièrement couverte par 1 empire de la Chine ,sur les confins de laquelle on ne failoit qu’apperce-voir i’Aíie, i’Afrique,r.Europe & l’Arnérique. Cha-cun est rout dans l’univers ; les autres n’y font rien.

O 11 voir donc que, forcé, pour se rendre agréa-ble aux sociétés particulières, de se répandre dans lemonde , de s'occuper de petits intérêts, <Sc d adop-ter mille préjugés, on doit insensiblement charger satête d’une inimité d’idées absurdes & ridicules auxyeux du public.

A u reste , je fuis bien aise «'avertir que je n’en-tends point ici, par les gens du monde , uniquementles gens de la cour : les Trrcnne, les Richelieu, lesLuxembourg, les la Rochefòucault, les P,c:z, Sc