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Tome premier.
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Et ■d’au vene^-vous donc ? Nous sommes tous, plus'ou moins , la mère Jésus : ce dont notre société5 'occupe, c’est: ce dont tous les hommes doivent5 occuper; ce qu'elle pense, croit 8c dit, c’est: l’uni-ver s entier qui le pense, le croit & le dit.

Comment un courtilan qui vit répandu dans unmonde oìt l’on ne parle que des cabales, des intri-gues de la cour , de ceux qui s’élèvent en crédit ouqui tombent en disgrâce, & qui, dans le cercle étendude ses sociétés , ne voir perlonne qui ne soit plusou moins affecté des mêmes idées ; comment , dis-je, ce courtilan ne se períuaderoit-il pas que les in-trigues de la cour font, pour l’csprit humain , lesobjets les plus dignes de méditation , & les plusgénéralement intérelsans : Peut- il imaginer que, dansla boutique la plus voiline de Ion hôtel , on neconnoît ni lui, ni tous ceux dont il parle ; qu'cn n’ysoupconne pas mème i existence des choses qui l’oc-cupent lt vivement ; que , dans un coin de Ion gre-nier , loge un philosophe , auquel les intrigues & lescabales que forme un ambitieux pour íe faire cha-marrer de tous les cordons de l’Europe , parodientaussi puériles & moins sensées qu’un complot d’éco-liers pour dérober une boite de dragées, 8c pourqui enfin les ambitieux ne lont que de vieux enfans,qui ne croient pas l’être ?

Un courtilan ne devinera jamais l’exiítence depareilles idées : s’il venoit à la soupçonner, il seroîtcomme ce roi du Pégu, qui, ayant demandé à quel-ques Vénitiens le nom de leur íouverain, & ceux-ci