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Tome premier.
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T) E r’ E S P R I T.

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CHAPITRE IX.

Du bon ton & du bel usage.

Toute société, divisée d’intérêt Sc de goût, 8'ac-cuse respectivement de mauvais ton ; celui des jeu-nes gens déplaît aux vieillards ; celui de l’hommepassionné à l’homme froid , & celui du cénobite àl’homme du monde.

Si l’on entend par bon ton le ton propre à plaireégalement dans toute société, en ce sens il n’est pointd'homme de bon ton. Pour l'être, il faudroit avoirtoutes les connoissances , tous les genres d’esprit, Sc,peut-être, tous les jargons differens ; suppositionimpoflîble à faire. L’on ne peut donc entendre parce mot de bon ton que le genre de conversation, dontles idées & l’expreísion de ces mêmes idées doit plairegénéralement. Or, le bon ton , ainsi défini, n’appar-tient à nulle classe d’homme en particulier, maisuniquement à ceux qui s’occupent d’idées grandes ,Sc qui, puisées dans des arts & des sciences tellescjue la métaphysique , la guerre, la morale , le com-merce , la politique , présentent toujours à 1 espritdes objets intérelsans pour l’humanité. Ce genre deconversation, sans contredit le plus généralementintéressant, n’est: pas , comme je l’ai dit , le plusagréable pour chaque société en particulier. Chacune