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Tome premier.
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2.z8 Z> E L' ESPRIT.

dtlies regarde son ton c o m m c supérieur à celui desgens d’cíprit ; & celui des gens d’elprit comme supé-rieur à tonte autre eípèce de ton.

Les iodé tés font, à cet égard , comme les paysansde diverses provinces, qui parlent plus volontiers lepatois de leur canton que la langue de leur nation;mais qui préfèrent la langue nationale au patois desautres provinces. Le bon ton est celui que chaquelociété regarde comme le meilleur après le sien ; &cc ton est celui des gens d’eíprit.

J’avouerai cependant, à l’avantage des gens dumonde , que , s’il falloir, entre les différentes clasiesd’hommes, en choisir une au ton de laquelle on dûtdonner la préférence, ce feroit, (ans contredit, àcelle des gens de cour; non qu un bourgeois n'aitautant d’idées qu’un homme du monde : tous deux,si j’oíe m'exprimer ainsi , parlent íouvent à vide ,Sc n’cnt peut-être , en fait d’idées, aucun avantagel’un fur l’autre ; mais le dernier, par la pohtion oùil se trouve, s’occupe d’idécs plus généralement in-téressantes.

En effet, si les mœurs, les inclinations, les pré-jugés & le caractère des rois ont beaucoup d’infiuencefur le bonheur ou le malheur public ; iì toute con-noiílànce , à cet égard , est intéressante, la conver-sation d’un homme attaché à la cour , qui ne peurparler de ce qui l'ocçupe fans parler souvent de sesmaîtres, est donc nécessairement moins insipide quecelle du bourgeois. D’ailleurs les gens du inondeétant, en général, fort au-dessus des besoins , Sc