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en vrai mérite. Si la plupart des Romains, dit Ta-cite , trompés par la douceur & la simplicité d’Agri-cola , cherchoient le grand - homme fous son exté-rieur modeste , sans pouvoir l’y reconnome ; on sentque , trop heureux d'échapper au mépris des sociétésparticulières , le grand-homme , fur-tout s’il est mo-deste , doit renoncer à l 'ejlìtne sentie de la plupartd’entre elles. Aussi n’est-il que foiblement animé dudésir de leur plaire. II sent confusément que l’estimede ces sociétés ne prouveroit que ì’analogie de sesidées avec les leurs ; que cette analogie si roi t sou-vent peu Batteuse , & que l’esiime publique est laseule digne d'envie , la seule désirabje, puisqu’elle esttoujours un don de la veconnoilsiance publique, Sc ,par conséquent , la preuve d'un mérite réel. C’estpourquoi le grand-homme, incapable d’aucun desefforts néceílaires pour plaire aux sociétés particu-lières , trouve tour possible pour mériter Testime gé-nérale. Si l’orgreil de commander aux rois dédom-magées les Romains de la dureté de la disciplinemilitaire , le noble plaihr d'être estimé console leshommes illustres des injustices même de la fortune.Ont-ils obtenu cette estime; ils se croient les pos-sesseurs du bien le plus désiré. En effet, quelqueindifférence qu’on affecte pour í’opinion publique,chacun cherche à s'estimer loi - même , Sc Ce croitd autant plus estimable qu’il se voir plus générale-ment estimé.
Si les besoins, les passions, & fur-tout ta pareílènétouffoient en nous ce désir de l'estime, il n'est