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2 considérer le spectacle des mœurs, des loix, des cou-tumes , des religions, & des paillons différentes, unhomme , devenu presque insensible à f éloge comme2 la satyre des nations, peut briser tous les liens despréjuges, examiner d’un œil tranquille la contrariétédes opinions des hommes , palier fans étonnementdu serrail à la chartreuse , contempler avec plaisirf étendue de la sottise humaine, voir du même œilÁlcibiade couper la queue à Ion chien, & Mahomets'enfermer dans une caverne , l’un pour se moquer dela legéreté des Athéniens, l’autre pour jouir de 1 ado-ration d u monde.
Or, de pareilles idées ne se présentent que dansle silence & la solitude. Si les Muses , disent lespoètes, aiment les bois, les prés , les fontaines, c’estqu'on y goûte une tranquillité qui fuit les villes ; &que les réflexions qu’un homme, détaché des petitsintérêts des sociétés, y fait fur lui-même , font desréflexions qui, faites fur l’homme en général, appar-tiennent plaisent à l'humanité. Or, dans cette so-litude où l'on est, comme malgré foi, porté vers fé-tu de des arts ô: des sciences, comment s'occuper d’uneinfinité de petits faits, qui font l'entretien journalierdes gens du monde ?
Auísi nos Corneille & nos La Fontaine ont-ilsquelquefois paru insipides dans nos soupers de bonnecompagnie ; leur bonhommie même contribuoit à lesfaire juger tels. Comment les gens d u monde pour-roient-ils, fous le manteau de la simplicité , recon-noître l’homrne illustre ; II est peu de connoiíseurs