D E L’ E S P R I T. 2.57
Lo-rsqu’cn n’cft point constitué en dignité, cc-ll leligne certain ci un mérite réel.
Qui veut (avoir exactement ce qu’il vaut, ne peutdonc l’apprendre que d li public, & doit par consé-quent s'exposer à Ion jugement. On lait les ridiculesqu’à cet égard l'on s’tstorce de donner à ceux qui pré-tendent, en qualité d’autc-urs, à 1 estime de leur na-tion : ruais ces ridicules ne font nulle impreflìon furl’homme de mérite ; il les regarde comme un ester dela jalouíie de ces petits esprits , qui s’imaginant que,lì períonne ne faisoit preuve de mérite, ils pourroients’cn croire autant qu a qui que ce íoit, ne peuventsouffrir qu’on produite de pareils titres. Sans ces titrescependant, períonne ne mérite, ni rsobrient i’estimedu publie.
Qu’on jette les yeux fut tous ces grands esprits ,fi v antés dans les sociétés particulières j on verra que,placés par le public au rang des hommes médiocres ,ils 11e doivent la réputation d’efprit ,• clonr quelquesgtns les décorent , qu’à surcapacité où ils font deprouver leur íottile, même par de mauvais ouvrages.Audi, parmi ccs mzrvúiicux> ceux-là même qui pro-mettent le plus, 11e (ont, íi je foie dire, èn esprit,tout au plus que des peut-être.
Quelque certaine que soit cette vérité, & quelqueraison qu aient les gens modestes de douter d’un mé-
comnris ne la lui peuvent enseigner. Quoi / dit - i!, vousmures François , vmj ignore* la demeure d’un de vos plusiiafins citoyens ? ï r ous n êtes pas dignes d’un tel homme .Tome I. R