de l’ e s P r I T.
Quelque désir que j’aie , à cet égard, de leur tendrejustice , il faut convenir qu’un homme qui s’an-nonce comme un grand esprit, sans se distinguerpar aucun talent, est précisément dans le cas d’unhomme qui se dit noble sans avoir des titres de no-blelfe. Le public ne connoît 5c n’estime que le mé-rite prouvé par les faits. A-t il à juger des hommesde conditions différentes ; il demande au militaire :Quelle victoire avez-vous remportée ? à Thomme enplace : Quel soulagement avez-vous apporté aux mi-sères du peuple î au particulier : Par quel ouvrageavez-vous éclairé f humanité? Qui n’a rien à répondreà ces questions, n’est ni connu, ni estimé du public.
Je fais que, séduits par les prestiges de la puissance,par le faste qui l’environne, par 1 espoir des grâcesdent un homme en place est le distributeur, un grandnombre d’hommes reconnoiílent machinalement ungrand mérite où ils apperçoivent un grand pouvoir.Mais leurs éloges, aullï passagers que le crédit de ceuxauxquels ils les prodiguent > n’en imposent point à lafaine partie du public. A l’abri de toute séduction,exempt de tout intérêt, le public juge comme l’étran-ger, qui ne reconnoît pour homme de mérite quel'homme distingué par ses talens : c’est celui-là seulqu’il recherche avec empressement ; empressementtoujours flatteur pour quiconque en est 1 objet (i).
(i) Nul éloge n’a plus flatté M. de Fontanelle , que laquestion d’un Suédois, qui, entrant à Paris , demande auxgens de la barrière la demeure de M. de Fontanelle : ces
Lorsqu ou