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Tome premier.
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DE L* E S P R I T. 2S5

les César, ou les Senorius. (pu’un poète dramatiquesalle une bonne tragédie íur un plan déjà connu , c’est,dit-on , un plagiaire ìnéptiíable ; mais qu un généralle serve, dans une campagne, de lordie de batailleSc des stratagèmes d’un autre général, il n’en parolesouvent que plus estimable.

Qu’un auteur remporte un prix fur soixante con-currens, si le public n avoue point le mérite de cesconcurrens, ou si leurs ouvrages Ion t foiblcs, sauteur<k son succès íont bientôt oubliés.

Mais quand le général a triomphé, le public, avantque de le couronner, a-t-il jamais constaté Tbabileré& la valeur des vaincus; Exige-t-il d un générai cesentiment fin & délicat de gloire qui, à la mort deM. de Turenne, détermina M. de Monrecucuii àquitter le commandement des armées ? On ne peutplus j diíoir il, m’opposer d 3 ennemi digne de mot.

Le public pèse donc à des balances très-diríérentesle mérite d’un auteur & celui d’un général. Or, pour-quoi dédaigner dans l’un la médiocrité, que íouventil admire dans sature ; C est qu’il ne tire nul avantagede la médiocrité d’un écrivain, ík qu’il en peut tirerde très-grands de celle d’un général, dont l’ignoranceest quelquefois couronnée uu succès. II est donc inte-rdis à priser dans l’un ce qu’il méprise dans sature.

D’aiileurs, si le bonheur public dépend du méritedes gens en place, & si les grandes places font rare-ment remplies par de grands-homines, peur engagerles gens médiocres à porter du moins dans leurs en-treprises toute la prudence Sc l’aciivité dent ils íont