í.'ui doute qu’un recueil de faits. tel que celui deL; Bibliothèque orientale } ne soit aulsi instructif, austiae.réable, & par conséquent aulli utile qu’une excel-lente tragédie? l’ourquoi donc le public a-t-ii plusd’estime peur le poète tragique que pour le lavantcompilateur? C’t-st qu’alluré, par le grand nombredts entreprises comparé au petit nombre des succès,de la difficulté d u genre dramatique, le public sentque, pour former des Corneille, des Racine, des< irébillon & des Voltaire , il doit attacher infinimentplus de gloire à leurs succès; & qu’au contraire, il1 uffic d’honorer les íimples compilateurs du plus faiblegenre d’estime, pour être abondamment pourvu deces ouvrages dent tous les hommes lotit capables,ct qui ne font proprement que l’œuvre du temps &de la patience.
Parmi les íavans, tous ceux qui, totalement privésdc-s lumières philosophiques., ne Ion t que rassemblerdans des recueils les faits épars dans les ruines de l’atv-tiquité, íont, par rapport à l’ìiomme d’eíprit, ce queles tireurs de pierre íont par rapport à 1 architecte ; ceIont eux qui lournissent les matériaux des édifices; fanseux, 1 architecte feroit inutile. Mais peu d’hcmmespeuvent devenir bons architectes,; tous Iont propresà tirer la pierre : il est dojic désintérêt du publicd’ac-cotder nux premiers une pave destitue propouiennéeà la difficulté do leur art. C’est par ce même motif,ct parce que ! esprit d’invention ct de L v sterne ne s'ac-quiert ordinairement que par de longues & péniblesméditations, cu’on attache plus d’estime à ce genre
d’cspric