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voluptés, font heureuses au dedans , & redoutables audehors, quel peuple plus célébré que les Grecs ! peuplequi fait encore aujourd’hui letonnement, l’admiration& l’honneur de l’humanité. Avant la guerre du Pélo-ponèse , époque fatale à leur vertu, quelle nation Scquel pays plus fécond en hommes vertueux & en grands,hommes ! On fait cependant le goût des Grecs pourl’amour le plus déshonnête. Ce goût étoit íî général,qu’Aristide , surnommé le Juste, cet Aristide qu’onétoit las, diioient les Athéniens, d entendre toujourslouer , avoir cependant aimé Thémistocle. Ce tut labeauté du jeune Steíîleus, de l’iste de Céos, qui, por-tant dans leur ame les désirs les plus violens, allumaentre eux les flambeaux de la haine. Platon étoit liber-tin. Socrate môme, déclaré par 1 oracle d’Apollon, leplus sage des hommes, airnoit Alcibiade & Archelaiis :il avoir deux femmes, & vivoit avec toutes les cour-tisannes. II est donc certain que relativement à l'idéequ’on s'est formée des bonnes mœurs,les plus vertueuxdes Grecs n’eulsent pâlie en Europe que pour deshommes corrompus. Or, cette çfpèce de corruptionde mœurs fe trouvant, en Grèce , portée au dernierexcès, dans le temps même que ce pays produiíoit desgrands-hommes en tout genre, qu’il faiíoit tremblerla Perse, & jetoit le plus grand éclat, on pourroicpenser que la corruption des mœurs,à laquelle je donnele nom de religieuse n’est point incompatible avec lagrandeur Sc la félicité d’un état.
II est une autre espèce de corruption de mœursqui prépare la chute d’un empire, & en annonce 1»
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