Band 
Tome premier.
Seite
393
JPEG-Download
 

DE V E S P R I T. 393

parts que le vaste, le dégoûtant, &í l'horrible charnierde l’íntolérance. Or, quel homme vertueux, & quelchrétien, si son ame tendre est remplie de la divineonction qui s exhale des maximes de l’évangile, s’il estsensible aux plaintes des malheureux, & s’il a quelque-fois elfuyé leurs larmes, ne íeroit point, à ce ípec-tacle , touché de compassion pour l’humanité (i), &n’csiayeroit point de fonder la probité , non lut desprincipes ausiï respectables que ceux de la religion,maisíur des principes dont il loit moins faciled'abufer,tels que font les motifs d’intérêt personnel?

Sans être contraires aux principes de notre religion ,ces motifs fusillent pour nécessiter les hommes à lavertu. La religion des payens, en peuplant l’olympede scélérats, c toi t, lans contredit, moins propre que

(i) C’est à l’occalìon de la persécution que Thémistele sénateur, dans un écrit adressé à l’empereur Valens,lui dit : « Est-ce un crime de penser autrement que vous ?» Si les chrétiens sont divisés entre eux, les philosophes-> le sont bien. La vérité a une infinité de faces , sous les-quelles on peut l’envisager. Dieu a gravé dans tous lescoeurs du respect pour ses attributs ; mais chacun est le« maître de témoigner ce respect de la manière qu’il croît-> la plus agréable à la divinité : personne n’est en droit-> de le gêner sur ce point

S.Grégoire deNazianze estimoit beaucoup ce Thémiste;c’est à lui qu’il écrit : « Vous êtes le seul, ô Thémiste î» qui luttiez comte la décadence des lettres : vous êtes à*> la tête des gens éclairés ; vous savez philosopher dans» les plus hautes places, joindre l’étude au pouvoir , Sc» les dignités à la science