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Tome premier.
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400 de l' e s p r i r .'

enfin, fila félicité & ragrandiíìement d’un peuple sontpreique toujours attachés au malheur Sc à l'afxoiblifle-ment d’un autre, il est évident que la pastìon du patrio-tisme, passion fi désirable, si vertueuse Sc si estimabledans un citoyen, est, comme le prouve 1 exemple desGrecs Sc des Romains, absolument exclusivedel’amouruniversel.

II faudroit, pour donner lette à cette espèce deprobité , que les nations, par des lois Sc des conven-tions réciproques, s unifient entre elles, comme lesfamilles qui composent un état ; que l'intérêt parti-culier des nations fût soumis à un intérêt plus géné-ral ; Sc qu’ensin l’amour de la patrie , en s'éteignantdans les cœurs, y allumât le feu de l’amour universel :supposition qui ne fe réalisera de long-temps. D’oùje conclus qu’il ne peut y avoir de probité pratique,ni même de probité d’intention, par rapport à l’uni-vers ; Sc c’est en ce point que l’efprit diffère de laprobité.

En effet, si les aòtions d’un particulier ne peuventen rien contribuer au bonheur universel, Sc si lesinfluences de la vertu ne peuvent sensiblement s’é-tendre au-delà des limites d’un empire, il n’en est pasainsi de ses idées : qu’un homme découvre un spéci-fique , qu’il invente une machine, telle qu un moulinà vent, ces productions de son esprit peuvent en faiteun bienfaiteur du monde (i).

(i) Aussi l’efprit est - il le premier des avantages, &peut-il infiniment plus contribuer au bonheur des hommes

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