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Tome second.
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1 $ D È L' ESPRIT.

burin qui les y gravent d’autant plus profondément ,qu’ils s’y représentent plus souvent (i). D’ailleurs ,cet ordre si propre à rappeler les mêmes objets à notresouvenir, nous donne l’explication de tous les phé-nomènes de la mémoire ; nous apprend que la saga-cité d’esprit de l’.un, c’est-à-dire, la promptitude aveclaquelle un homme est frappé d’une vérité , dépendsouvent de l’analogie de cette vérité avec les objetsqu’il a habituellement prófens à la mémoire ; que lalenteur d’efprit d’un autre à cet égard, est, au contraire,l’effet du peu d’analogie de cette même vérité avecles objets dont il s’occupe. II ne pourroit la saisir, enappercevoir tous les rapports, fans rejeter toutes lespremières idées qui fe présentent à son souvenir ,sans bouleverser tout le magasin de fa mémoire, poury chercher les idées qui fe lient à cette vérité. Voilàpourquoi tant de gens font insensibles à Impositionde certains faits, ou de certaines vérités, qui n’enaffectent vivement d’autres, queparce que ces faits ouces vérités ébranlent toute la chaîne de leurs pensées,en réveillent un grand nombre dans leur esprit: c’estun éclair qui jette un jour rapide fur tout l’horizonde leurs idées. C’est donc à Tordre qu’on doit souventla sagacité de son esprit, & toujours l’étendue de famémoire : c’est aussi le défaut d’ordre, effet de Tindif-férence qu’on a pour certains genres d’étude, qui, à

(i) La mémoire, dit M. Locke , est une table d’airainremplie de caractères que le temps efface insensiblement,tz l'on n’y repasse quelquefois le burin.